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Publié le par A.M.E

INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL
Par Steven Spielberg, avec Harrison Ford, Cate Blanchett, Karen Allen et Shia LaBeouf
2008

Je suis venu, j'ai vu... et j'ai pas été déçu ! Pourtant, l'appréhension avait lieu d'être: un Indiana Jones forcément vieilli (et donc risquant de paraître peu crédible), un film qui sort 19 ans après que la boucle fut royalement bouclée par Indiana Jones et la Dernière Croisade que je considère comme le point culminant de la trilogie originelle et un chef-d'oeuvre du genre, un réalisateur capable du meilleur (Les Dents de la Mer, Indiana Jones et la Dernière Croisade, La Liste de Schindler...) comme du pire (Hook, Le Monde Perdu, La Guerre des Mondes...) et puis aussi un titre kitchissime en diable qui me fait penser à Alan Quatermann et les Mines du Roi Salomon. Le poids des mots. Surtout qu'on nous avait annoncé de nouvelles aventures d'Indiana Jones voilà près de quinze ans, les rumeurs allaient bon train concernant le pitch, suite à la parution d'un jeu vidéo d'aventure "point n'click" made by LucasArts: Indiana Jones et le Secret de l'Atlantide (avouez que ça a tout de même plus de gueule, tant dans le titre que dans le thème abordé), et qui devait voir Indy se confronter de nouveau à ces bons vieux nazis.

Seulement voilà, comme je vous le disais plus haut, Indy a vieilli, et il était donc tout-à-fait légitime de situer les nouvelles aventures de notre archéologue préféré dans un nouveau contexte historique, tout en respectant le contexte historico-fantastique plein de fantaisies qui est la marque de fabrique de la saga en général (on écartera Indiana Jones et le Temple Maudit qui était un peu à part de ce point de vue). Voyons, en quelle année étions-nous 19 ans après 1938 ? 1957. Tiens tiens, nous sommes à l'aube de la guerre froide et voilà dix ans que Roswell s'est écrasé dans le Nouveau-Mexique... Allez hop ! Les méchants de cet opus seront les Russes et les extra-terrestres la trame de fond qui assurera le cachet fantastique de ce nouvel opus. Et après l'Egypte Antique et les Templiers, c'est la légendaire civilisation Maya qui fera cette fois le lien entre Indy et l'objet tant convoité par ses ennemis. Un scenario bien dans la veine des précédents Indy, et qui est bien sûr avant-tout prétexte à un cocktail d'aventures survitaminé dans l'esprit des précédents volets.

Un esprit qu'on retrouve à travers ces péripéties typiquement Jonesiennes: les bagarres imprévisibles, les courses poursuites insensées (et toutes jubilatoires), les situations invraisemblables, les disputes complètement futiles dans des situations pourtant dramatiquement désespérées... Sans compter de nombreux clins d'oeil volontaires aux précédents épisodes: l'introduction nous renvoie directement dans le hangar où était entreposée l'arche d'alliance dans Les Aventuriers de l'Arche Perdue, tandis que les bestioles qui croisent la route de nos héros font inévitablement penser à celles qui peuplaient Le Temple Maudit, de même que le parralèle Indy/Mutt avec la relation père/fils de La Dernière Croisade est évident. D'une manière générale, on retrouve dans cet épisode le parfum des trois premiers films, ce qui n'était pas une mince affaire après près de vingt ans.

On notera la prestation convaincante du jeune acteur qui incarne Mutt Williams (Shia LaBeouf), même si selon moi, celle qui remporte la palme du meilleur rôle est incontestablement Cate Blanchett, qui incarne Irina Spalko, un agent russe à la solde de Staline. Belle et venimeuse, cette dangereuse vipère est assurément le méchant que je préfère de toute la saga. On ne pourra également que saluer la performance de Harrison Ford qui, du haut de ses 66 ans, a retrouvé tous les tics de son héros fétiche (notamment à travers ce sourire aisément identifiable). Finalement, il n'y a bien que les cheveux blancs qui montrent que le héros a vieilli.

Abordons maintenant les défauts qui, il faut le reconnaître, sont bien réels: on regrette d'abord que les autres seconds rôles n'aient pas bénéficié d'un traîtement de faveur plus conséquent, comme le professeur Oxley, incarné par un John Hurt dont le rôle d'illuminé est beaucoup trop limité, et surtout "Mac" George Michale (interprété par Ray Winstone), dont les actes de traîtrise relèvent du grand n'importe quoi. Peut-être s'agit-il d'une caricature volontaire des personnages de traîtres qui pullulent dans le cinéma, mais elle est malheureusement très mal amenée, à tel point qu'on se demande vraiment quelle est l'utilité réelle de ce personnage. Dommage que cette facette n'ait pas été mieux exploitée. Enfin, si le retour de Marion Ravenwood (la compagne d'Indy dans le premier volet interprétée par Karen Allen) fait chaud au coeur, il faut reconnaître que le personnage a perdu de son piquant.

Au niveau des incohérences, on s'interroge sur la mort du professeur Henri Jones: n'était-il pas censé jouir de la vie éternelle après avoir bu le contenu du Saint Graal dans le troisième épisode ? Egalement, j'avoue que j'aurais aimé qu'on m'explique comment on peut se sortir de trois chutes successives dans des cascades dignes des chutes du Niagara sans une égratignure. Certes, ça a toujours été le propre d'Indy de se sortir miraculeusement des situations les plus désespérées, mais même les situations les moins crédibles méritent au moins un soupçon d'explication, il suffit juste de nous montrer comment nos héros s'y prennent (comme dans la scène du réfrigérateur ou du saut de liane en liane), ce qui n'est pas du tout le cas ici: les personnages tombent dans les abîmes et se retrouvent tous ensemble dans la séquence d'après, prêts à poursuivre leur aventure. Pas du tout crédible. Tout comme certains effets spéciaux qui auraient mérité d'être plus travaillés, voire évités: l'extra-terrestre en images de synthèse moches, passe encore, mais les marmottes (dont j'aurais bien aimé qu'on les retrouve plus tard dans le film, comme on est tenté de le croire au vu de la régularité de leur apparition au début)... Non vraiment, je suis persuadé qu'il eut été possible d'en intégrer des vraies. Les bons dresseurs, c'est pas ce qui manque. D'un autre côté, il faut reconnaître que la série n'a jamais brillé par ses effets spéciaux non plus, et cet épisode ne fait pas exception à la règle.

Reste que malgré ces défauts qui pèsent évidemment quelque peu dans la balance, le film s'avère divertissant de bout en bout: on ne s'ennuie pas une seconde pendant les deux heures que dure ce film, ce qui est bien révélateur d'une qualité certaine. En ce qui me concerne, si ce quatrième épisode n'est pas à la hauteur du troisième, il fait sans problème honneur aux deux premiers volets, et donc à la saga en général.

Publié dans Cinoche & DVD

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Angs 07/06/2008 22:28

3/5, avec du recul, c'est la note que je mettrais aussi...Pour moi le seul probleme, c'est qu'il arrive si tard...parce qu'apres ça reste un bon film d'aventuresinon:"comme du pire (Hook, Le Monde Perdu, La Guerre des Mondes...)" ah mais carrement XD

A.M.E 08/06/2008 14:38


J'aurais mis 4 s'il n'y avait pas eu ce problème d'incohérences et si certains effets spéciaux avaient été évités, ça s'est loupé de peu. J'ai vraiment bien aimé ce
film pour ce qu'il est sinon.


david martin 03/06/2008 12:31

Je pense exactement la même chose : ce n'est pas le meilleur Indy, mais cela reste un excellent divertissement !!Et franchement , c'est ce qu'on attend d'un film de cette série.  

A.M.E 05/06/2008 00:56


Ben ouais, j'ai rien de plus à ajouter :)