Still Loving It

SCORPIONS
Love at First Sting
1984
"é ta vus ? lotr il parle de scorpion qu'à fé ke des balades sure son blog de métal !!! mdr!!!
- pi scorpion c meme pa du hard dabor ptdr !!! lol!!!!!"
Ca suffit !!!
Certes, on ne peut pas dire que les Scorpions se soient illustrés de la meilleure façon qui soit depuis quelques années. A cause de l'énorme succès de "Still Loving You" et "Wind of Change", qu'on retrouve sur les 35.000 best-of sortis ces quinze dernières années, l'arthropode a été réduit à un mollusque secréteur de perles: ses fameuses ballades. Pris au piège, il a même dû capitaliser sur cette réputation en inondant son Face the Heat de ce qui ressemblera plus à des billes de terre que les sphères nacrées suscitées (quand ça ne vient pas du coeur, le résultat n'est malheureusement pas le même) et en sortant le mollasson Pure Instinct.
Pourtant, en 1984, les Scorpions n'en étaient pas encore là. Le groupe était en effet en train de conquérir le monde de son metal mélodique et assassin, toutes Flying V et Explorer en avant ! Après un Blackout considéré comme un sommet artistique chez les hardos de tout poil, voilà que le venin se répandait dans les veines du grand public, jusqu'au camping de Palavas-les-Flots et même chez la ménagère de moins de 50 ans, avec Love at First Sting !
J'avais 8 ans à l'époque. Mon père venait d'acheter la K7 de l'album et celle-ci tournait inlassablement dans l'auto-radio. Le phénomène était tel que même la voisine de ma mère lui faisait découvrir "un autre album qui était vachement bien": le Blackout cité plus haut ! Une époque de dingues !
Mais moi, Blackout, j'aimais moins. C'est Love at First Sting qui s'imposait comme le plus dangereux, le plus fort, le plus magique dans mes oreilles d'enfant en plein éveil. J'appréhendais le moment où ça allait se mettre à gueuler après l'intro toute en douceur de "Coming Home". J'imaginais des éléphants, des girafes, des singes... et des gars avec de longs cheveux en train de foutre un boxon pas possible au sein d'un zoo à la fin de "The Same Thrill". J'imaginais également sur "Bad Boys Running Wild" et "Big City Nights" les bonhommes tout en cuir qu'on voit sur les photos de l'album marcher dans des rues éclairées la nuit et taper dans des bidons pour faire peur aux gens. J'aimais pas trop quand arrivait "Crossfire", avant-dernière chanson de l'album, qui avait des relents de "fin-d'après-midi-demain-c'est-l'école-j'aime-pas-ce-moment". Mais j'écoutais attentivement cette chanson à l'ambiance assez dramatique. Je me plantais toujours sur le moment où apparaissait le refrain ultime sur "Stiiiill Loving Youuuuuuuu-hou-houuuuuuuuuuuuuuu". Je me lançais dans mon interprétation personnelle des paroles en chantant en Français: "L'est asseeez chiante", "Je leur pisse au couuu" (mais si, j'entendais bien Klaus Meine chanter ça) et en yaourt: "Guimi Yore Maille - Sheilaaa - Cafetchouyaaa - GNAP !". J'avais peur que le groupe se fasse massacrer par ces gens visiblement mal intentionnnés qui secouaient de grandes grilles dans le clip de "Rock You Like a Hurricane". D'ailleurs, je ne comprenais pas pourquoi le groupe continuait à jouer avec le sourire aux lèvres alors que les grilles s'apprêtaient à leur tomber dessus d'une seconde à l'autre. Mais ils sont tous fous ou quoi ? Un jour, j'ai eu la rougeole et dans le noir, alors que j'étais alité et plein de fièvre, se dressait devant mes yeux un imposant mur de téléviseurs où on voyait les Scorpions casser la baraque sur scène. Bref, le monde de Scorpions pour moi, c'était pas vraiment le même que celui de Croque-Vacances.
Puis j'ai lâché Scorpions, tout comme j'ai lâché Deep Purple et Saxon, là encore des groupes qui tournaient sans arrêt dans l'auto-radio. Pourquoi ? Sûrement à cause des tendances radiophoniques modernes qui ont suivi et qui ont remisé au placard toutes ces merveilles.
Plus de vingt après, je réécoute ce disque. Je n'appréhende plus le moment où les guitares vont saigner mes tympans sur "Coming Home", je n'imagine plus ce zoo à la fin de "The Same Thrill" et encore moins les méchants bonhommes en cuir en train de tout casser sur "Bad Boys" et "Big City". Faut dire qu'entretemps, le groupe est passé au Club Dorothée et que c'est le genre de truc qui vous brise un mythe en moins de deux !
Par contre, la magie est toujours présente. Sous une autre forme, mais elle est là: elle passe cette fois-ci par cette voix tout en nuances, parfois douce, parfois agressive, mais toujours belle. Par ce naturel avec lequel le groupe change d'humeur d'un moment à l'autre et enchaîne une infinie variété de mélodies marquantes. Par ces guitares si complémentaires, car pendant que Rudolf scande son slogan à travers des riffs de bûcheron, Matthias poursuit et étoffe le discours à travers ses interventions lead pleines de grâce. Par ces foutues bonnes chansons, enfin, où l'auditeur a le luxe de préférer tel hit à tel autre, là où de nos jours sur un album de hard, on tente d'extirper le riff moyen d'un contenu médiocre.
Pour tout ceci, Love at First Sting est un album précieux.
Et pendant ce temps, les loustics des deux premières lignes sont en train d'écouter de la musique de merde sur leur iPod pourri !!!
- pi scorpion c meme pa du hard dabor ptdr !!! lol!!!!!"
Ca suffit !!!
Certes, on ne peut pas dire que les Scorpions se soient illustrés de la meilleure façon qui soit depuis quelques années. A cause de l'énorme succès de "Still Loving You" et "Wind of Change", qu'on retrouve sur les 35.000 best-of sortis ces quinze dernières années, l'arthropode a été réduit à un mollusque secréteur de perles: ses fameuses ballades. Pris au piège, il a même dû capitaliser sur cette réputation en inondant son Face the Heat de ce qui ressemblera plus à des billes de terre que les sphères nacrées suscitées (quand ça ne vient pas du coeur, le résultat n'est malheureusement pas le même) et en sortant le mollasson Pure Instinct.
Pourtant, en 1984, les Scorpions n'en étaient pas encore là. Le groupe était en effet en train de conquérir le monde de son metal mélodique et assassin, toutes Flying V et Explorer en avant ! Après un Blackout considéré comme un sommet artistique chez les hardos de tout poil, voilà que le venin se répandait dans les veines du grand public, jusqu'au camping de Palavas-les-Flots et même chez la ménagère de moins de 50 ans, avec Love at First Sting !
J'avais 8 ans à l'époque. Mon père venait d'acheter la K7 de l'album et celle-ci tournait inlassablement dans l'auto-radio. Le phénomène était tel que même la voisine de ma mère lui faisait découvrir "un autre album qui était vachement bien": le Blackout cité plus haut ! Une époque de dingues !
Mais moi, Blackout, j'aimais moins. C'est Love at First Sting qui s'imposait comme le plus dangereux, le plus fort, le plus magique dans mes oreilles d'enfant en plein éveil. J'appréhendais le moment où ça allait se mettre à gueuler après l'intro toute en douceur de "Coming Home". J'imaginais des éléphants, des girafes, des singes... et des gars avec de longs cheveux en train de foutre un boxon pas possible au sein d'un zoo à la fin de "The Same Thrill". J'imaginais également sur "Bad Boys Running Wild" et "Big City Nights" les bonhommes tout en cuir qu'on voit sur les photos de l'album marcher dans des rues éclairées la nuit et taper dans des bidons pour faire peur aux gens. J'aimais pas trop quand arrivait "Crossfire", avant-dernière chanson de l'album, qui avait des relents de "fin-d'après-midi-demain-c'est-l'école-j'aime-pas-ce-moment". Mais j'écoutais attentivement cette chanson à l'ambiance assez dramatique. Je me plantais toujours sur le moment où apparaissait le refrain ultime sur "Stiiiill Loving Youuuuuuuu-hou-houuuuuuuuuuuuuuu". Je me lançais dans mon interprétation personnelle des paroles en chantant en Français: "L'est asseeez chiante", "Je leur pisse au couuu" (mais si, j'entendais bien Klaus Meine chanter ça) et en yaourt: "Guimi Yore Maille - Sheilaaa - Cafetchouyaaa - GNAP !". J'avais peur que le groupe se fasse massacrer par ces gens visiblement mal intentionnnés qui secouaient de grandes grilles dans le clip de "Rock You Like a Hurricane". D'ailleurs, je ne comprenais pas pourquoi le groupe continuait à jouer avec le sourire aux lèvres alors que les grilles s'apprêtaient à leur tomber dessus d'une seconde à l'autre. Mais ils sont tous fous ou quoi ? Un jour, j'ai eu la rougeole et dans le noir, alors que j'étais alité et plein de fièvre, se dressait devant mes yeux un imposant mur de téléviseurs où on voyait les Scorpions casser la baraque sur scène. Bref, le monde de Scorpions pour moi, c'était pas vraiment le même que celui de Croque-Vacances.
Puis j'ai lâché Scorpions, tout comme j'ai lâché Deep Purple et Saxon, là encore des groupes qui tournaient sans arrêt dans l'auto-radio. Pourquoi ? Sûrement à cause des tendances radiophoniques modernes qui ont suivi et qui ont remisé au placard toutes ces merveilles.
Plus de vingt après, je réécoute ce disque. Je n'appréhende plus le moment où les guitares vont saigner mes tympans sur "Coming Home", je n'imagine plus ce zoo à la fin de "The Same Thrill" et encore moins les méchants bonhommes en cuir en train de tout casser sur "Bad Boys" et "Big City". Faut dire qu'entretemps, le groupe est passé au Club Dorothée et que c'est le genre de truc qui vous brise un mythe en moins de deux !
Par contre, la magie est toujours présente. Sous une autre forme, mais elle est là: elle passe cette fois-ci par cette voix tout en nuances, parfois douce, parfois agressive, mais toujours belle. Par ce naturel avec lequel le groupe change d'humeur d'un moment à l'autre et enchaîne une infinie variété de mélodies marquantes. Par ces guitares si complémentaires, car pendant que Rudolf scande son slogan à travers des riffs de bûcheron, Matthias poursuit et étoffe le discours à travers ses interventions lead pleines de grâce. Par ces foutues bonnes chansons, enfin, où l'auditeur a le luxe de préférer tel hit à tel autre, là où de nos jours sur un album de hard, on tente d'extirper le riff moyen d'un contenu médiocre.
Pour tout ceci, Love at First Sting est un album précieux.
Et pendant ce temps, les loustics des deux premières lignes sont en train d'écouter de la musique de merde sur leur iPod pourri !!!
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