La Clé des Champs

SCORPIONS
Crazy World
1990
"En fait, le problème est que je n'ai pas grand-chose à dire sur mes albums préférés de Scorpions: j'aime beaucoup les chansons, point."
Ceci est ma réponse au commentaire d'une personne me suppliant d'écrire des chroniques d'albums de Scorpions. Une réponse froide, cruelle et sans concessions qui amena l'homme, après moult menaces d'auto-annihilation, à se flageller en écoutant en boucle des albums de Necrophagist. Emu par le sort peu enviable du pauvre hère, je décidai de lui éviter un destin tragique en répondant à son appel déchirant. Oui, je suis bon.
Pour beaucoup, Crazy World est le dernier grand classique de Scorpions. A juste titre finalement car les Allemands, après une succession d'albums imparables, semblaient décidément intouchables dans le domaine du hard mélodique classieux qui envoie. Certes, Savage Amusement, son prédécesseur, était un album faible, mais je le considère surtout comme le disque d'un groupe qui n'est pas parvenu à digérer l'incroyable succès dont il fut l'objet avec Love at First Sting et l'immense tournée qui s'en est suivie, et qui du coup n'a pas trop su négocier son virage lorsqu'il s'est attelé à l'écriture du successeur de l'album où figure "Still Loving You" (fallait faire aussi bien, vous imaginez la pression ?). Une erreur de parcours somme toute compréhensible et qui ne ternissait pas l'image du groupe au final.
"Ben, et Humanity - Hour I, c'est pas un bon album ça ?". C'est vrai, le petit dernier des Scorpions est un excellent album. Simplement, il arrive après quinze ans de traversée du désert et je le considère avant tout comme le disque rassurant qui a prouvé que les Scorpions en avaient toujours sous le dard. Il redore le blason du groupe mais il n'efface pas pour autant les années de divagations artistiques qui l'ont précédées. Tout le contraire de Crazy World qui fait figure d'album brillant après un parcours discographique jalonné de pépites. Bref, la grosse classe. Vous saisissez la nuance ?
11 titres, 11 hymnes: c'est le menu qui vous est présenté sur Crazy World, un album plus rêche, plus brut, beaucoup plus homogène que ses prédécesseurs mais qui s'illustre toujours par ces putain de mélodies qui vous frappent en pleine tronche sans prévenir. Du fucking rock n'roll et des refrains gravés dans votre tête pour la vie, voilà ce qui vous attend sur Crazy World. Sans oublier tous ces éléments qui enrichissent l'ensemble: des solos de la mort, un côté groovy qui donne envie de danser (ou de taper du pied si vous êtes feignant comme moi), deux ballades poignantes, mais dans le sens profond du terme, c'est important de le préciser lorsqu'on voit que ce terme est utilisé de nos jours à tout va pour qualifier n'importe quelle soupe nunuche et sans saveur.
Et surtout, il y a le FUN ! Le fun toujours présent même quand le propos se veut dramatique (lisez les paroles de la chanson-titre pour comprendre). Ce plaisir de jouer et de chanter si communicatif qu'il laisse à l'auditeur le loisir d'imaginer le groupe dans une décapotable, cheveux au vent, sillonnant les routes de son succès, défilant sur les boulevards devant ces femmes nues qui se déhanchent et tapent dans leurs mains sur le rythme de "Tease Me Please Me". Ce même fun qui, quand on y pense, a depuis complètement disparu du metal actuel, où il faut faire passer dans sa musique l'humeur maussade d'un dimanche au boulot pour convaincre. Triste époque.
A ce titre, Crazy World porte bien son nom. Ce disque est en effet une évasion vers un monde fou, fou, fou, où tout le monde est fou !
Voilà, des questions ?
"Oui, monsieur Eternam. Un coup, vous dites que l'album c'est du hard et qu'un coup, c'est du metal. C'est pas cohérent.
- Pff ! Mais y a vraiment que maintenant qu'on perd son temps à se palucher sur des inepties pareilles ! Ce qui est normal en même temps, vu qu'il n'y a rien d'autre à dire sur ce qui sort de nos jours. Ah si, par moments, on parle de "technique instrumentale" pour se convaincre que ce qu'on écoute est bien. On s'en fout des catégories, la musique se suffit ici largement à elle-même !
- D'accord. Sinon, monsieur Eternam, vous aimez pas Necrophagist ? C'est pourtant plus puissant que du Scorpions, non ?"
Peu de temps après, devant des milliards d'yeux médusés, le premier-homme satellite fut mis sur orbite.
Ceci est ma réponse au commentaire d'une personne me suppliant d'écrire des chroniques d'albums de Scorpions. Une réponse froide, cruelle et sans concessions qui amena l'homme, après moult menaces d'auto-annihilation, à se flageller en écoutant en boucle des albums de Necrophagist. Emu par le sort peu enviable du pauvre hère, je décidai de lui éviter un destin tragique en répondant à son appel déchirant. Oui, je suis bon.
Pour beaucoup, Crazy World est le dernier grand classique de Scorpions. A juste titre finalement car les Allemands, après une succession d'albums imparables, semblaient décidément intouchables dans le domaine du hard mélodique classieux qui envoie. Certes, Savage Amusement, son prédécesseur, était un album faible, mais je le considère surtout comme le disque d'un groupe qui n'est pas parvenu à digérer l'incroyable succès dont il fut l'objet avec Love at First Sting et l'immense tournée qui s'en est suivie, et qui du coup n'a pas trop su négocier son virage lorsqu'il s'est attelé à l'écriture du successeur de l'album où figure "Still Loving You" (fallait faire aussi bien, vous imaginez la pression ?). Une erreur de parcours somme toute compréhensible et qui ne ternissait pas l'image du groupe au final.
"Ben, et Humanity - Hour I, c'est pas un bon album ça ?". C'est vrai, le petit dernier des Scorpions est un excellent album. Simplement, il arrive après quinze ans de traversée du désert et je le considère avant tout comme le disque rassurant qui a prouvé que les Scorpions en avaient toujours sous le dard. Il redore le blason du groupe mais il n'efface pas pour autant les années de divagations artistiques qui l'ont précédées. Tout le contraire de Crazy World qui fait figure d'album brillant après un parcours discographique jalonné de pépites. Bref, la grosse classe. Vous saisissez la nuance ?
11 titres, 11 hymnes: c'est le menu qui vous est présenté sur Crazy World, un album plus rêche, plus brut, beaucoup plus homogène que ses prédécesseurs mais qui s'illustre toujours par ces putain de mélodies qui vous frappent en pleine tronche sans prévenir. Du fucking rock n'roll et des refrains gravés dans votre tête pour la vie, voilà ce qui vous attend sur Crazy World. Sans oublier tous ces éléments qui enrichissent l'ensemble: des solos de la mort, un côté groovy qui donne envie de danser (ou de taper du pied si vous êtes feignant comme moi), deux ballades poignantes, mais dans le sens profond du terme, c'est important de le préciser lorsqu'on voit que ce terme est utilisé de nos jours à tout va pour qualifier n'importe quelle soupe nunuche et sans saveur.
Et surtout, il y a le FUN ! Le fun toujours présent même quand le propos se veut dramatique (lisez les paroles de la chanson-titre pour comprendre). Ce plaisir de jouer et de chanter si communicatif qu'il laisse à l'auditeur le loisir d'imaginer le groupe dans une décapotable, cheveux au vent, sillonnant les routes de son succès, défilant sur les boulevards devant ces femmes nues qui se déhanchent et tapent dans leurs mains sur le rythme de "Tease Me Please Me". Ce même fun qui, quand on y pense, a depuis complètement disparu du metal actuel, où il faut faire passer dans sa musique l'humeur maussade d'un dimanche au boulot pour convaincre. Triste époque.
A ce titre, Crazy World porte bien son nom. Ce disque est en effet une évasion vers un monde fou, fou, fou, où tout le monde est fou !
Voilà, des questions ?
"Oui, monsieur Eternam. Un coup, vous dites que l'album c'est du hard et qu'un coup, c'est du metal. C'est pas cohérent.
- Pff ! Mais y a vraiment que maintenant qu'on perd son temps à se palucher sur des inepties pareilles ! Ce qui est normal en même temps, vu qu'il n'y a rien d'autre à dire sur ce qui sort de nos jours. Ah si, par moments, on parle de "technique instrumentale" pour se convaincre que ce qu'on écoute est bien. On s'en fout des catégories, la musique se suffit ici largement à elle-même !
- D'accord. Sinon, monsieur Eternam, vous aimez pas Necrophagist ? C'est pourtant plus puissant que du Scorpions, non ?"
Peu de temps après, devant des milliards d'yeux médusés, le premier-homme satellite fut mis sur orbite.
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