Sulfureuses Contestations

MISANTHROPE
IrremeDIABLE
2008
Misanthrope est un groupe que je chéris. Depuis ses tout-débuts, le groupe nous a en effet servi des oeuvres singulières, brassant les styles d'album en album, mariant brillamment des styles aussi opposés que le heavy, le thrash, le speed, le black et le death et ayant acquis une identité de plus en plus forte à chaque sortie d'album.
Ce nouvel album, qui n'est autre qu'un concept sur la vie de Charles Baudelaire, était très attendu par les amoureux du groupe comme moi, une attente qui prenait des allures de mini-Arlésienne; l'album, prévu à l'origine pour le mois de septembre 2007, ne cessant d'être repoussé pour finalement sortir le 23 janvier 2008, après un retard de dernière minute qui rendait l'attente au bout du compte insoutenable.
Puis j'ai enfin glissé le disque dans mon lecteur.
Partout dans la presse et sur le net, les dithyrambes pleuvent sur ce disque. Pourtant, autant vous le dire tout de suite, IrremeDIABLE n'est clairement pas le chef-d'oeuvre annoncé. La première écoute aurait dû me mettre la puce à l'oreille. En effet, la dernière piste écoulée, j'ai pensé: "Ouais. Ca a l'air sympa".
A titre comparatif, voici ma réaction après chaque première écoute des cinq derniers albums du groupe:
• Libertine Humiliations: "Putain la baffe !"
• Misanthrope Immortel: "Putain la baffe !"
• Sadistic Sex Daemon: "Beurk !"
• Misanthro-Thérapie (les inédits): "Putain la baffe !"
• Metal Hurlant: "Putain la baffe !"
Bref, des réactions passionnées suite à des écoutes qui m'ont, pour la plupart, littéralement collé au plafond et qui contrastent donc avec ce que j'ai ressenti pour IrremeDIABLE.
Alors évidemment que j'ai réécouté ce disque par la suite ! Vous me prenez pour qui ? Malheureusement, cette première impression somme toute positive ne s'est pas confirmée par la suite. Au contraire, la lassitude l'a emporté sur le plaisir de la découverte. C'est foutu, IrremeDIABLE est un album décevant.
Alors pourquoi ? Pourquoi mon âme n'a-t-elle pas été aspirée cette fois-ci dans les méandres Misanthropiques ? Quelle terrible malédiction s'est donc abattue sur mon être pour que la mayonnaise, si apte d'ordinaire à réjouir mes papilles, n'ait cette fois-ci que le goût éventé d'une moutarde bon marché ? Pourquoi ? Oh pourquoi, cruels Dieux du Metal ?
Pose dramatique.
Rideau.
Applaudissements de la salle.
Retour sur ma chaise, les mains au-dessus du clavier et les yeux rivés sur l'écran.
Passons sur le concept en lui-même. Misanthrope ayant toujours été un concept à lui tout seul, à travers ses textes évoquant des faits et décrivant une culture appartenant à l'Histoire de France, cet album-ci s'inscrit finalement dans cette démarche, la seule différence étant que le groupe s'attarde cette fois sur un personnage précis de l'Histoire.
Attardons-nous plutôt sur le contenu musical d'IrremeDIABLE, car c'est bien là que le bât blesse. Misanthrope s'est toujours attaché à évoluer d'album en album, à incorporer de nouveaux éléments dans sa musique, à surprendre l'auditeur. Bien que Sadistic Sex Daemon m'ait déçu la première fois, cet album était tout de même sacrément osé, car il s'inscrivait dans une démarche totalement inverse de l'album précédent. Après son album le plus mélodique, Misanthrope proposait en effet son disque le plus brutal. Un sacré choc. Et même si ce disque ne fait pas partie de mes préférés, c'est un album que j'affectionne rien que pour cette volonté d'évoluer quitte à déplaire.
Sur IrremeDIABLE, on retrouve les ingrédients de chaque album: l'irrévérence de Libertine Humiliations, les speederies mélodiques de Misanthrope Immortel, la brutalité de Sadistic Sex Daemon et le côté théâtral de Metal Hurlant. Certains parleront de synthèse, moi je parlerai de stagnation.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les compos d'IrremeDIABLE sont un bon cran au-dessous de celles des précédents opus. Envoyez-vous cet album et réécoutez ensuite des titres comme "L'Ecume des Chouans", "Les Empereurs du Néant", "L'Extinction d'une Etoile", "Théologie du Misanthrope" et "Reine Martyre". Vous sentez la différence ? Hé oui, cette fois, Misanthrope n'a pas la gnaque qu'on lui connait et il s'est juste appliqué à faire un album propre où rien ne dépasse, un disque "bien fait". Ouais, "bien fait", le genre d'argument qui justifie à lui seul un 9/10 dans n'importe quelle chronique de metal passe-partout. Sauf qu'on n'attend pas d'un disque de Misanthrope qu'il soit "bien fait", mais qu'il en foute plein la gueule comme les titres suscités !!! Et malgré certains riffs qui retiennent l'attention ("Le Maudit et son Spleen", "1857") et des ambiances réussies ("Fantasia Artificielle"), l'ensemble n'est pas à la hauteur du talent de Misanthrope.
Ne parlons pas des ratages: "Plaisirs Saphiques" qui me fait penser au "Jusqu'à la Fin du Monde" de... Renaud (j'aime bien l'artiste, mais bon, on parle d'un groupe de metal extrême quand même), ainsi que les laborieux "L'Oracle de la Déchéance" et "LXXXIV L'IrréméDIABLE" qui ont la charge de conclure l'album. Et les maladresses: placer cinq titres brutaux en début d'album est assez éprouvant pour l'auditeur, d'autant que les titres en question sont loin d'être les plus mémorables, hormis le solo de "Passager du Hasard" qui fait s'envoler un tant soit peu l'album, c'est maigre.
Alors quoi ? Manque de foi ? Trop de temps passé en studio à peaufiner les moindres détails au risque de faire perdre toute sa spontanéité à la musique de Misanthrope ? Impossibilité pour le groupe de se lâcher afin de ne pas s'écarter du concept de l'album ? Je n'en sais rien, mais vous aurez compris que ce disque ne m'a pas convaincu. Espérons que cette baisse de régime ne soit pas à l'image du titre de l'album.
Ce nouvel album, qui n'est autre qu'un concept sur la vie de Charles Baudelaire, était très attendu par les amoureux du groupe comme moi, une attente qui prenait des allures de mini-Arlésienne; l'album, prévu à l'origine pour le mois de septembre 2007, ne cessant d'être repoussé pour finalement sortir le 23 janvier 2008, après un retard de dernière minute qui rendait l'attente au bout du compte insoutenable.
Puis j'ai enfin glissé le disque dans mon lecteur.
Partout dans la presse et sur le net, les dithyrambes pleuvent sur ce disque. Pourtant, autant vous le dire tout de suite, IrremeDIABLE n'est clairement pas le chef-d'oeuvre annoncé. La première écoute aurait dû me mettre la puce à l'oreille. En effet, la dernière piste écoulée, j'ai pensé: "Ouais. Ca a l'air sympa".
A titre comparatif, voici ma réaction après chaque première écoute des cinq derniers albums du groupe:
• Libertine Humiliations: "Putain la baffe !"
• Misanthrope Immortel: "Putain la baffe !"
• Sadistic Sex Daemon: "Beurk !"
• Misanthro-Thérapie (les inédits): "Putain la baffe !"
• Metal Hurlant: "Putain la baffe !"
Bref, des réactions passionnées suite à des écoutes qui m'ont, pour la plupart, littéralement collé au plafond et qui contrastent donc avec ce que j'ai ressenti pour IrremeDIABLE.
Alors évidemment que j'ai réécouté ce disque par la suite ! Vous me prenez pour qui ? Malheureusement, cette première impression somme toute positive ne s'est pas confirmée par la suite. Au contraire, la lassitude l'a emporté sur le plaisir de la découverte. C'est foutu, IrremeDIABLE est un album décevant.
Alors pourquoi ? Pourquoi mon âme n'a-t-elle pas été aspirée cette fois-ci dans les méandres Misanthropiques ? Quelle terrible malédiction s'est donc abattue sur mon être pour que la mayonnaise, si apte d'ordinaire à réjouir mes papilles, n'ait cette fois-ci que le goût éventé d'une moutarde bon marché ? Pourquoi ? Oh pourquoi, cruels Dieux du Metal ?
Pose dramatique.
Rideau.
Applaudissements de la salle.
Retour sur ma chaise, les mains au-dessus du clavier et les yeux rivés sur l'écran.
Passons sur le concept en lui-même. Misanthrope ayant toujours été un concept à lui tout seul, à travers ses textes évoquant des faits et décrivant une culture appartenant à l'Histoire de France, cet album-ci s'inscrit finalement dans cette démarche, la seule différence étant que le groupe s'attarde cette fois sur un personnage précis de l'Histoire.
Attardons-nous plutôt sur le contenu musical d'IrremeDIABLE, car c'est bien là que le bât blesse. Misanthrope s'est toujours attaché à évoluer d'album en album, à incorporer de nouveaux éléments dans sa musique, à surprendre l'auditeur. Bien que Sadistic Sex Daemon m'ait déçu la première fois, cet album était tout de même sacrément osé, car il s'inscrivait dans une démarche totalement inverse de l'album précédent. Après son album le plus mélodique, Misanthrope proposait en effet son disque le plus brutal. Un sacré choc. Et même si ce disque ne fait pas partie de mes préférés, c'est un album que j'affectionne rien que pour cette volonté d'évoluer quitte à déplaire.
Sur IrremeDIABLE, on retrouve les ingrédients de chaque album: l'irrévérence de Libertine Humiliations, les speederies mélodiques de Misanthrope Immortel, la brutalité de Sadistic Sex Daemon et le côté théâtral de Metal Hurlant. Certains parleront de synthèse, moi je parlerai de stagnation.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les compos d'IrremeDIABLE sont un bon cran au-dessous de celles des précédents opus. Envoyez-vous cet album et réécoutez ensuite des titres comme "L'Ecume des Chouans", "Les Empereurs du Néant", "L'Extinction d'une Etoile", "Théologie du Misanthrope" et "Reine Martyre". Vous sentez la différence ? Hé oui, cette fois, Misanthrope n'a pas la gnaque qu'on lui connait et il s'est juste appliqué à faire un album propre où rien ne dépasse, un disque "bien fait". Ouais, "bien fait", le genre d'argument qui justifie à lui seul un 9/10 dans n'importe quelle chronique de metal passe-partout. Sauf qu'on n'attend pas d'un disque de Misanthrope qu'il soit "bien fait", mais qu'il en foute plein la gueule comme les titres suscités !!! Et malgré certains riffs qui retiennent l'attention ("Le Maudit et son Spleen", "1857") et des ambiances réussies ("Fantasia Artificielle"), l'ensemble n'est pas à la hauteur du talent de Misanthrope.
Ne parlons pas des ratages: "Plaisirs Saphiques" qui me fait penser au "Jusqu'à la Fin du Monde" de... Renaud (j'aime bien l'artiste, mais bon, on parle d'un groupe de metal extrême quand même), ainsi que les laborieux "L'Oracle de la Déchéance" et "LXXXIV L'IrréméDIABLE" qui ont la charge de conclure l'album. Et les maladresses: placer cinq titres brutaux en début d'album est assez éprouvant pour l'auditeur, d'autant que les titres en question sont loin d'être les plus mémorables, hormis le solo de "Passager du Hasard" qui fait s'envoler un tant soit peu l'album, c'est maigre.
Alors quoi ? Manque de foi ? Trop de temps passé en studio à peaufiner les moindres détails au risque de faire perdre toute sa spontanéité à la musique de Misanthrope ? Impossibilité pour le groupe de se lâcher afin de ne pas s'écarter du concept de l'album ? Je n'en sais rien, mais vous aurez compris que ce disque ne m'a pas convaincu. Espérons que cette baisse de régime ne soit pas à l'image du titre de l'album.
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