Coucou Rutilant

MASTERPLAN
MK II
2007
Décidément, Roland Grapow n’a pas de chance. Ecarté du potager comme un légume avarié par la cigarette plantée au coin de la bouche de Michael Weikath, le néo-classieux gratteux voit cette fois deux figures emblématiques de son projet Masterplan quitter le navire, l’un au micro, pour « divergences musicales », l’autre, aux baguettes, pour on-ne-sait-pas-trop-quoi, mais qui aura pleinement justifié son départ en sortant un album imparable avec son projet Beautiful Sin : The Unexpected.
Mais Grapow a une méthode pour encaisser sans vibrato du sourcil cette succession de coups du sort : il s’en fout ! Mieux, le bonhomme est maintenant devenu le « crimson rider », ce chevalier du ciel dont Jorn Lande chantait les louanges sur le titre d’ouverture d’Aeronautics: combattant valeureux, seul contre tous et victorieux !
Un rapprochement d’autant plus justifié avec le Baron Rouge que ce troisième album, à l'image de son titre qui désigne un avion de chasse Canadien de l'entre-deux guerres (et bien sûr qu'il s'agit du 2ème line-up du groupe) tutoie les cieux presque tout du long.
Car en recrutant Mike DiMeo, ancien chanteur de Riot, Grapow a déniché une voix certes moins personnelle que celle de Lande, mais qui permet toutes les audaces stylistiques sur cet opus : « Warrior’s Cry » qui ouvre le bal pour de bon après la courte intro symphonique « Phoenix Rising » fait place aux rythmiques véloces et aux envolées speed qui donnent le frisson, tandis que la triplette « Keeps Me Burning » / « Take Me Over » / « I’m Gonna Win » (et qui constitue le sommet de l’album à mon goût) donne lieu à un heavy ultra-mélodique aux frontières du hard FM lors de refrains qui prennent aux tripes et, mieux, savent émouvoir.
Les sonorités orientales de « Call the Gypsy », le côté presque thrash de l’énorme « Masterplan » dont les rythmiques de fou vous plaquent contre le mur et le refrain primaire finit de vous achever, le riff génial de « Enemy » et le heavy cosmique de « Heart of Darkness » et rappelant fortement le « And Then the Rain… » de Cloudscape témoignent d’une expédition aventureuse où la variété rime avec une étonnante simplicité, la présence discrète de nombreux arrangements ne venant jamais alourdir l’efficacité des morceaux.
Cette réussite globale est malheureusement entachée par quelques titres qu'on pourrait qualifier de remplissage. Outre "Lost and Gone", la power-ballad de commande destinée à être exploitée en single, c'est la deuxième partie de l'album qui en fait le plus les frais avec un "Watching the World" à tendance speed passe-partout, certes agréable mais qu'on aurait plutôt vu en face-B d'un single qu'après la triplette suscitée qui n'en dévoile que davantage ses faiblesses. Vient ensuite "Trust in You", mièvrerie insupportable qui n'apporte rien sinon du plomb dans l'aile d'un album qui avait jusque-là pris une belle envolée. Enfin, le "Heart of Darkness" déjà cité n'est pas vraiment le titre le plus inspiré de l'album.
Mais Grapow a une méthode pour encaisser sans vibrato du sourcil cette succession de coups du sort : il s’en fout ! Mieux, le bonhomme est maintenant devenu le « crimson rider », ce chevalier du ciel dont Jorn Lande chantait les louanges sur le titre d’ouverture d’Aeronautics: combattant valeureux, seul contre tous et victorieux !
Un rapprochement d’autant plus justifié avec le Baron Rouge que ce troisième album, à l'image de son titre qui désigne un avion de chasse Canadien de l'entre-deux guerres (et bien sûr qu'il s'agit du 2ème line-up du groupe) tutoie les cieux presque tout du long.
Car en recrutant Mike DiMeo, ancien chanteur de Riot, Grapow a déniché une voix certes moins personnelle que celle de Lande, mais qui permet toutes les audaces stylistiques sur cet opus : « Warrior’s Cry » qui ouvre le bal pour de bon après la courte intro symphonique « Phoenix Rising » fait place aux rythmiques véloces et aux envolées speed qui donnent le frisson, tandis que la triplette « Keeps Me Burning » / « Take Me Over » / « I’m Gonna Win » (et qui constitue le sommet de l’album à mon goût) donne lieu à un heavy ultra-mélodique aux frontières du hard FM lors de refrains qui prennent aux tripes et, mieux, savent émouvoir.
Les sonorités orientales de « Call the Gypsy », le côté presque thrash de l’énorme « Masterplan » dont les rythmiques de fou vous plaquent contre le mur et le refrain primaire finit de vous achever, le riff génial de « Enemy » et le heavy cosmique de « Heart of Darkness » et rappelant fortement le « And Then the Rain… » de Cloudscape témoignent d’une expédition aventureuse où la variété rime avec une étonnante simplicité, la présence discrète de nombreux arrangements ne venant jamais alourdir l’efficacité des morceaux.
Cette réussite globale est malheureusement entachée par quelques titres qu'on pourrait qualifier de remplissage. Outre "Lost and Gone", la power-ballad de commande destinée à être exploitée en single, c'est la deuxième partie de l'album qui en fait le plus les frais avec un "Watching the World" à tendance speed passe-partout, certes agréable mais qu'on aurait plutôt vu en face-B d'un single qu'après la triplette suscitée qui n'en dévoile que davantage ses faiblesses. Vient ensuite "Trust in You", mièvrerie insupportable qui n'apporte rien sinon du plomb dans l'aile d'un album qui avait jusque-là pris une belle envolée. Enfin, le "Heart of Darkness" déjà cité n'est pas vraiment le titre le plus inspiré de l'album.
Dommage donc, mais le bilan est quand même positif et nous conforte dans l'idée que la mésaventure de Grapow au sein de Helloween aura permis à l'homme de jouir d'une réputation suffisante pour avoir l'opportunité de pleinement s'exprimer et de démontrer que l'émotion reste l'affaire des grands musiciens.
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