Dance des Morts
RAMMSTEINMutter
2001
"C'est con un metalleux". C'est le genre de phrases que les lecteurs de ce blog retrouvent par moments dans mes billets. Je n'en fais pas une généralité mais dans mon cas, c'est souvent vrai, et cet album est une preuve supplémentaire du manque d'ouverture d'esprit qu'on peut avoir dès lors qu'un disque sort des codes imposés par le genre.
Pour moi, à l'époque, le metal, ça devait être véloce, super bien joué, "technique" (je ne me reconnais même plus quand j'écris ça), incorporer 50.000 breaks et des milliers de solos de la mort dans un seul morceau (long si possible), proposer des refrains porteurs, des passages à reprendre en choeur et tout la tralala... bref, écoutez une super chanson comme "Travel in Stygian" d'Iced Earth et comprenez pourquoi la première fois que j'ai écouté Mutter, j'ai tiré une tronche d'enfer comme si j'assistais à l'enterrement de toute ma famille.
Parce que Mutter, c'était tout l'inverse: une musique simple (allez, je lâche le mot: simpliste), un chant monolithique, plus parlé que chanté, des morceaux lents et courts (4 minutes en moyenne), à la structure basique, des refrains d'un mot scandés quatre fois, zéro solo... "Tain, c'est nul, j'ai balancé 20€ pour ce truc tout pourri ???". Bref, Mutter a tourné cinq fois maximum dans ma platine histoire de comprendre pourquoi ce groupe faisait autant parler de lui et il a pris racine dans l'emplacement qui lui était réservé dans ma CDthèque, sans que mes yeux s'arrêtent sur la tranche du CD lorsque je cherchais un truc à écouter...
...Jusqu'à dernièrement, à l'occasion d'un blind test organisé par ce zigoto-là (que je remercie infiniment au passage (et pendant que j'y suis, je me faufile dans un autre passage pour me remercier moi-même de ne jamais revendre mes CD)). J'aime bien les blind tests, même si je suis en train de me planter complètement sur celui du bonhomme. Ca permet souvent de découvrir des trucs voire de redonner leur chance à d'autres. Parmi les vingt intros proposées, j'ai pu mettre immédiatement un nom sur certaines, dont une qui m'a de suite fait lever la tête: un riff, puis un sample qui vient s'y greffer, puis de nouveau le riff en mode syncopé avec la batterie derrière, gros son. Reconnaissable entre mille. "Putain, ça c'est Rammstein !". Je reconnaissais même à tel point que je pouvais me passer tout le morceau en tête. Incapable de me rappeler du nom du titre (en allemand, z'êtes marrants), j'ai immédiatement saisi le CD (non sans m'être muni d'un sécateur afin de couper les mauvaises herbes qui l'entouraient), glissé la rondelle dans mon lecteur et fait défiler les intros. "Okay, c'est ce titre !". J'envoie mes réponses à Buz et, histoire de: "Tiens, et si je réécoutais l'album ?".
Mes goûts en matière de metal (de musique en général d'ailleurs) ont radicalement changé depuis ces dernières années. Je ne cherche plus la complexité à-tout-va, le superflu. Je ne suis plus aussi sensible à la musique d'Opeth ou Symphony X. Retour à l'essentiel: vive Manowar et Judas Priest ! Et même si Rammstein évolue dans le style à des lieues des groupes suscités, cela ne m'a pas empêché après cette nouvelle écoute d'adorer Mutter, à tel point que je me suis plongé dans toute la disco des Allemands dans la foulée.
Mutter est à mon avis le meilleur album de Rammstein: il synthétise l'avant et l'après du groupe. De l'avant, on retient ce qui a fait le succès de Rammstein: son Tanz Metal, en anglais un mix entre la dance et le metal, ce qui résume finalement assez bien la musique de Rammstein dans ses moments les plus pêchus: des chansons comme "Links 2 3 4", "Zwitter" ou "Rein Raus" allient en effet le gros son des guitares avec des rythmes proches de ceux sur lesquels on pouvait se déhancher dans les boîtes de nuit et qu'on retrouvait en majorité sur les deux premiers albums des teutons: Herzeleid et Sehnsucht. De l'après, on a déjà des titres chargés d'émotion comme "Mutter" et "Nebel", ce que le groupe exploitera davantage sur Reise Reise et Rosenrot, le groupe ne se contentant plus de marteler ses riffs, mais de se montrer plus sensible et attachant avec un soupçon de phrasés mélodieux, sans rien perdre de son identité.
Et puis surtout, Mutter est une usine à tubes. Impossible d'oublier un titre, aucun n'est plus faible qu'un autre et tous rentrent dans le crâne dès la première écoute. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que presque la moitié de l'album placardera les murs de singles dans les magasins.
Au milieu de cette avalanche de qualités, Mutter a toutefois un défaut: sa linéarité. Malgré une certaine variété qui permet sans problème de faire la distinction entre tel et tel titre, le format des chansons est globalement toujours le même, aucune ne présente une structure différente des autres. Il n'y a pas ici de montée en puissance au fur et à mesure que les plages se succèdent, l'album reste au même haut niveau tout du long . Ainsi, on ne trouve pas ces moments qui finiraient de nous achever, les surprises renversantes n'étant pas de la partie. En d'autres termes, la force de cet album est aussi ce qui fait sa faiblesse.
Evidemment, ceci n'est qu'un menu détail et il faut vraiment être chipoteur dans l'âme pour aller chercher des défauts pareils à un disque qui présente tout de même la particularité de montrer un groupe soucieux d'évoluer tout en étant brillant de bout en bout.
C'est vraiment con un metalleux.
Pour moi, à l'époque, le metal, ça devait être véloce, super bien joué, "technique" (je ne me reconnais même plus quand j'écris ça), incorporer 50.000 breaks et des milliers de solos de la mort dans un seul morceau (long si possible), proposer des refrains porteurs, des passages à reprendre en choeur et tout la tralala... bref, écoutez une super chanson comme "Travel in Stygian" d'Iced Earth et comprenez pourquoi la première fois que j'ai écouté Mutter, j'ai tiré une tronche d'enfer comme si j'assistais à l'enterrement de toute ma famille.
Parce que Mutter, c'était tout l'inverse: une musique simple (allez, je lâche le mot: simpliste), un chant monolithique, plus parlé que chanté, des morceaux lents et courts (4 minutes en moyenne), à la structure basique, des refrains d'un mot scandés quatre fois, zéro solo... "Tain, c'est nul, j'ai balancé 20€ pour ce truc tout pourri ???". Bref, Mutter a tourné cinq fois maximum dans ma platine histoire de comprendre pourquoi ce groupe faisait autant parler de lui et il a pris racine dans l'emplacement qui lui était réservé dans ma CDthèque, sans que mes yeux s'arrêtent sur la tranche du CD lorsque je cherchais un truc à écouter...
...Jusqu'à dernièrement, à l'occasion d'un blind test organisé par ce zigoto-là (que je remercie infiniment au passage (et pendant que j'y suis, je me faufile dans un autre passage pour me remercier moi-même de ne jamais revendre mes CD)). J'aime bien les blind tests, même si je suis en train de me planter complètement sur celui du bonhomme. Ca permet souvent de découvrir des trucs voire de redonner leur chance à d'autres. Parmi les vingt intros proposées, j'ai pu mettre immédiatement un nom sur certaines, dont une qui m'a de suite fait lever la tête: un riff, puis un sample qui vient s'y greffer, puis de nouveau le riff en mode syncopé avec la batterie derrière, gros son. Reconnaissable entre mille. "Putain, ça c'est Rammstein !". Je reconnaissais même à tel point que je pouvais me passer tout le morceau en tête. Incapable de me rappeler du nom du titre (en allemand, z'êtes marrants), j'ai immédiatement saisi le CD (non sans m'être muni d'un sécateur afin de couper les mauvaises herbes qui l'entouraient), glissé la rondelle dans mon lecteur et fait défiler les intros. "Okay, c'est ce titre !". J'envoie mes réponses à Buz et, histoire de: "Tiens, et si je réécoutais l'album ?".
Mes goûts en matière de metal (de musique en général d'ailleurs) ont radicalement changé depuis ces dernières années. Je ne cherche plus la complexité à-tout-va, le superflu. Je ne suis plus aussi sensible à la musique d'Opeth ou Symphony X. Retour à l'essentiel: vive Manowar et Judas Priest ! Et même si Rammstein évolue dans le style à des lieues des groupes suscités, cela ne m'a pas empêché après cette nouvelle écoute d'adorer Mutter, à tel point que je me suis plongé dans toute la disco des Allemands dans la foulée.
Mutter est à mon avis le meilleur album de Rammstein: il synthétise l'avant et l'après du groupe. De l'avant, on retient ce qui a fait le succès de Rammstein: son Tanz Metal, en anglais un mix entre la dance et le metal, ce qui résume finalement assez bien la musique de Rammstein dans ses moments les plus pêchus: des chansons comme "Links 2 3 4", "Zwitter" ou "Rein Raus" allient en effet le gros son des guitares avec des rythmes proches de ceux sur lesquels on pouvait se déhancher dans les boîtes de nuit et qu'on retrouvait en majorité sur les deux premiers albums des teutons: Herzeleid et Sehnsucht. De l'après, on a déjà des titres chargés d'émotion comme "Mutter" et "Nebel", ce que le groupe exploitera davantage sur Reise Reise et Rosenrot, le groupe ne se contentant plus de marteler ses riffs, mais de se montrer plus sensible et attachant avec un soupçon de phrasés mélodieux, sans rien perdre de son identité.
Et puis surtout, Mutter est une usine à tubes. Impossible d'oublier un titre, aucun n'est plus faible qu'un autre et tous rentrent dans le crâne dès la première écoute. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que presque la moitié de l'album placardera les murs de singles dans les magasins.
Au milieu de cette avalanche de qualités, Mutter a toutefois un défaut: sa linéarité. Malgré une certaine variété qui permet sans problème de faire la distinction entre tel et tel titre, le format des chansons est globalement toujours le même, aucune ne présente une structure différente des autres. Il n'y a pas ici de montée en puissance au fur et à mesure que les plages se succèdent, l'album reste au même haut niveau tout du long . Ainsi, on ne trouve pas ces moments qui finiraient de nous achever, les surprises renversantes n'étant pas de la partie. En d'autres termes, la force de cet album est aussi ce qui fait sa faiblesse.
Evidemment, ceci n'est qu'un menu détail et il faut vraiment être chipoteur dans l'âme pour aller chercher des défauts pareils à un disque qui présente tout de même la particularité de montrer un groupe soucieux d'évoluer tout en étant brillant de bout en bout.
C'est vraiment con un metalleux.
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