Trio Gagnant
CANDLEMASS - King of the Grey Islands: Le meilleur moyen de vous présenter ce disque, c'est de vous laisser vous imaginer les premiers albums de Black Sabbath avec la prod du Black Album de Metallica. C'est en effet à une prod puissante et limpide à laquelle on a affaire ici, surtout au niveau des guitares qui sont bien tranchantes comme j'aime. C'est tout-à-fait le style Sabbathien: des riffs lourds à la Tony Iommi, une musique lente et ténébreuse. Particularité de cet album, et du doom en général, je pense: le thème de la chanson (ici, le riff), se répète toujours et, c'est un succès de ce côté-là, finit par hypnotiser l'auditeur qui ne demande qu'à y revenir, et qui finit peu à peu à se faire aux mélodies de l'album, ce qui a été mon cas. N'allez pas croire que c'est constamment la même chose du début à la fin de chaque chanson pour autant, il y a des breaks très ambiancés qui exercent le même effet hypnotique sur l'auditeur, mais on retiendra avant tout ce leitmotiv de riffs emplis d'un certain groove. Le chanteur a une voix très claire. Pas de montées dans les aigus ou de graves qui font vibrer les murs, le bonhomme chante, tout simplement, de manière assez mystique, forcément, mais rien de rebutant pour l'auditeur lambda. Le mariage entre la voix et la musique est réussi alors que tout les oppose au départ. Au final, un disque envoutant qui donne l'impression de voguer au sein d'un océan brumeux, un album d'une efficacité redoutable et à l'arrière-goût de "revenez-y" très prononcé. Un grand merci à Ludo pour m'avoir conseillé ce disque ;)
DARK TRANQUILLITY - Fiction: Si la musique de Dark Tranquillity a tout pour me plaire par son mélange brutalité/recherche mélodique, elle ne m'a jusqu'à présent jamais séduit plus que ça, les mélodies ne m'atteignant tout simplement pas. Or, cet opus constitue une excellente surprise. Le groupe n'a pas révolutionné sa musique: Mikael Stanne chante toujours de manière écorchée, les guitares sont toujours aussi tranchantes, les cavalcades éthérées au clavier toujours présentes; simplement, tout est ici plus varié et accessible que d'accoutumée, les mélodies, très travaillées, font mouche et le groupe se permet quelques audaces qu'on n'attendait plus de sa part depuis l'album Projector (1999), comme les vocaux clairs du sieur Stanne sur le refrain pop à souhait du magnifique "The Mundane and the Magic" (et sur lequel Nell Sigland du groupe Theatre of Tragedy donne la réplique au chanteur), ainsi que sur "Misery's Crown", un véritable tube avec sa mélodie imparable aux claviers. Claviers remarquablement mis en valeur également sur l'énorme "Terminus", une de mes chansons préférées sur cet opus et le versatile "Icipher". Pour le reste, Dark Tranquillity reste fidèle à lui-même. Simplement, il frappe plus fort qu'à l'accoutumée.
THERION - Gothic Kabbalah: Au moment de s'atteler à la composition de cet album, Christofer Jonsson a sûrement pensé qu'il avait fait le tour de la question avec son imposant double-album Lemuria/Sirius B qui, non-content de constituer un aboutissement dans la carrière de Therion, s'avérait être d'une grande variété, en empruntant des sonorités issues du hard rock des 70's comme du metal martial à la Rammstein, le tout mâtiné de choeurs et de symphonies comme Therion a l'habitude d'en proposer. Du coup, le guitariste prend avec ce nouveau double-album un risque énorme, les ambiances moyen-orientales qui nous renvoient en pleine Egypte Antique s'imposant et reléguant en toile de fond les aspects symphoniques qui n'interviennent ici que ponctuellement. Ainsi, les choeurs majestueux s'effacent au profit du chant plus naturel de Mats Levén et de trois chanteuses tandis que les symphonies laissent la place à une musique plus épurée. Néanmoins, et c'est là un tour de force, le guitariste ne trahit jamais l'identité de son groupe et même si la deuxième partie de l'album s'essoufle un peu avant son imposant dernier quart d'heure, la qualité d'ensemble reste très convaincante.
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